L'espoir s'est échappé et m'a laissé face à la réalité. Il a suffit de deux mois pour nous séparer éternellement, et ce ne sont pas les preuves qui ont manquées. Le couteau a enfin terminé de taillader mon c½ur, s'en est fini. La plaie restera. Mais le calme subsiste toujours, il est même devenu encore plus plat qu'il l'était ... il en valait mieux ainsi.
Revenir sur ses pas, oublier, pardonner, se redécouvrir, tout cela nous est dorénavant interdit. Quand je disais qu'il valait mieux regarder ses pieds au lieu de te supplier des yeux, avancer droit devant soi, même si un obstacle nous barrait le chemin ... j'avais bien raison, même si ce n'est pas toujours le cas. Je ne me suis peut être pas assez justifiée, sous prétexte de ne pas avoir réfléchie, mais toute personne dotée d'une intelligence normale aurait compris mes sous -entendus. Comme quoi, l'être humain va chercher beaucoup trop loin et ne voit pas l'essentiel. Il en va ainsi pour ceux qui n'attachent que peu d'importance à la signification des mots et aux sentiments qui en émanent. Le temps qu'il m'était nécessaire ne m'a pas été accordé, et me brusquer n'a pas été la bonne solution. La compréhension n'étant pas au gout du jour ... j'ai dû souffrir et te perdre. Mais je ne m'attarderai pas plus à ce sujet et je laisse ma plume se divertir à travers la description d'un événement précis, qui semble gommer bien des choses, mais qui en fait, les expriment d'une manière particulière.
_ Un samedi, jour d'impossibilité d'ordre physique, me voilà trainant tant bien que mal un n'Amour malade, effondré par une douce "rhino" - comme il disait si bien. - Direction rue d'Allier, là où je pensais qu'une petite balade ne nous ferait pas de mal en ce jour ensoleillé ... je me suis trompée pour mon cas. Et tout le monde n'est pas comme ce cher monsieur Adrien, c'est-à-dire devin. Arrivée à destination de la fameuse rue qui semblait descendre sans fin, elle me paraissait plus vaste qu'elle ne l'était la dernière fois, bien que la foule était aussi présente que d'habitude. Le soleil, marre de se reposer, illuminait si bien les pavés qu'il m'était obligé de regarder droit devant moi. Et main dans la main, j'avançais avec un lui enchanté, critiquant tout ce beau monde au passage, tout de même avec une voix enraillée. Bien que toujours très attentive à ce qu'il me disait et même admirative de son état d'esprit ... je sentais que quelque chose clochait; En face, la rue se rétrécissait, et seul le noir se faisait voir. La voix de Ben' s'égosilla et mon c½ur se mit à battre plus fort ... et il n'a suffit que de quatre personnes. Mais il en manquait une ... L'atmosphère plutôt détendue à l'origine se noircit alors et le lien qui me rattachait à lui semblait être distant dès la première seconde de cette brusque arrivée. Toute forme d'amour se transforma alors en mépris et sa main glissa de la mienne. Les bonjours mal attentionnés fusaient et l'envie de leur souhaiter l'inverse me titillais. Tout était pervertie, même le plus innocent des enfants. Le seul signe d'amour apparut enfin, le plus petit des deux bouts de choux me sauta au cou et cette obscurité se dissipa un peu. Mais ma peine se fit plus dense à la vue de ses bleus et maintes égratignures ressortaient sur son visage. Son odeur me libéra de toute vengeance et quelques souvenirs me rappelèrent à quel point j'étais nostalgique de ces moments si précieux. Puis en me détachant de son étreinte, mon c½ur se serra encore plus. Mais le fait le plus marquant vint lorsque je vis le refus du deuxième loustique. Ben', en se rapprochant de lui, n'entrainait que sa faroucheté. Et un petit fuyant une personne qu'il avait assez vu et aimé auparavant, pour être capable de lui sauter dessus, ne peut qu'être jaloux ou déçu. J'avais encore une fois de plus sous mes yeux, l'exemple de la bêtise humaine dans sa plus belle apparence. Jouer sur les sentiments d'un enfant est l'une des choses les plus horrible que l'on peut lui faire, car cela le suivra toute sa vie. Ce qui a élargit d'autant plus cette plaie au plus profond de moi. Essayant à mon tour de l'approcher, il se laissa faire, quoi qu'en tournant la tête mais l'essentiel y était. Des successions d'images me vinrent à l'esprit après ce constat; et si il croyait que Ben' m'avait enlevé ... N'amour me sortît de mes pensées, en montrant sa réticence à rester parler de faits d'hiver*. Me prenant la main sauvagement, il me traîna hors du noir qui voulait m'envahir, bien que des voix venaient encore à moi. Mes lèvres se pétrifièrent, je ne pouvais leur répondre. Je me résolus à le suivre, c'était la seule solution pour sortir de cette réalité pesante.
Tout se brouillait et plus rien ne fonctionnait dans ma tête. Seule son odeur, seul le bruit de ses pas, seul sa main me guidaient.
Depuis, j'ai constaté l'ampleur des dégâts de ces litiges. Mais le passé ne se refait pas et j'ai maintenant perdu espoir. Aujourd'hui, tu étais bien à coté de moi, même à un mètre de moi. Ne manquant pas au rendez vous cette fois-ci. Mais supporter ce silence pendant pratiquement deux heures n'a pas atténué la gravité de la situation, bien au contraire. A un mètre de moi, et pourtant si loin ... deux heures avec moi mais aucune parole n'est venue briser cette distance. Ne serais-ce qu'un seul mot ... et tout aurait pu être si simple.
Moralité : il se passe bien des choses sans toi*.
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